Coccidiose

La coccidiose est un problème associé à un parasite de très petite taille qui détruit les cellules intestinales responsables de l’absorption des aliments, causant ainsi une diarrhée et des retards de croissance.  On rencontre ce parasite très fréquemment, partout dans le monde. Même si pratiquement tous les animaux sont infectés, on retrouve la maladie principalement chez les jeunes de moins de 18 mois.  Bien qu’elle cause des retards de croissance importants et difficile à rattraper, cette maladie est rarement fatale. Dans les parcs d’engraissement du Québec, cette maladie est rare puisque la majorité des producteurs utilisent dans les rations des médicaments (ionophores) pour prévenir l’apparition de cette maladie.

Transmission

La transmission se fait par les selles d’un animal porteur qui contamine l’environnement.

Les coccidies de bovins ont un cycle de vie complexe.  Le stade que l’on retrouve dans le fumier est appelé oocyste.  Il est recouvert d’une enveloppe protectrice qui résiste à l’action  d’agents       physiques, chimiques et antibactériens. Une  fois dans l’environnement, les oocystes doivent passer par un processus de développement appelé la sporulation avant de devenir infectieux (capable de causer une infection chez l’animal).  Ce processus demande de 2 à 3 jours et résulte en la formation de 8 sporozoïtes infectieux pour chaque oocystes.  Quand un veau susceptible avale ces oocystes, les sporozoïtes sont relâchés, pénètre dans les cellules de l’intestin et commence à se diviser en  plusieurs stades intermédiaires.  À chaque division, des dommages sont causés aux cellules de l’intestin. À cause de sa capacité à se multiplier, ce parasite a le potentiel de détruire un bon nombre de cellules intestinales.  Par exemple, l’ingestion de 1000 oocystes sporulés pourraient résulter en la destruction de 24 billions de cellules intestinales.  Par contre, après 21 jours, le parasite a normalement terminé son développement et sera expulsé dans le fumier.  L’animal peut alors guérir spontanément, à condition que les dommages encourus ne soient pas trop importants.

Figure 1 Cycle de vie des coccidies chez le bovin

(Source : Gouvernement de l'Alberta)

Figure 2 Oocystes de coccidies (grossis au microscope 400 x)

(Source : Oklahoma State University's Division of Agricultural Sciences and Natural Ressources)

Dans les conditions habituelles, la plupart des animaux ont un faible taux de coccidies dans leurs selles sans démontrer de signes cliniques.  La coccidiose devient un problème quand les animaux sont élevés dans des conditions qui permettent une contamination rapide et excessive de l’environnement.  Une forte humidité ainsi qu’une température modérée à froide favorise la survie des œufs dans l’environnement; ainsi le parasite peut survivre dans l’environnement pendant deux ans.  Les animaux entassés sur une litière souillée et humide sont fortement susceptibles à cette maladie.

Signes cliniques

La sévérité de la maladie dépend du nombre d’oeufs ingérés, de l’âge de l’animal et de l’espèce de coccidies. Chez les jeunes veaux, les signes cliniques sont de la diarrhée, un poil rugueux, perte d’appétit et de vigueur. Dans les cas plus sévères, le veau va éliminer des selles verdâtres foncées, nauséabondes mêlées de traînées de sang ou de caillots.  Rapidement, l’animal va présenter des coliques et les douleurs seront vives à l’émission des selles.  L’animal devient rapidement déshydraté, apathique et très faible.

Figure 3 Diarrhée avec sang chez une taure souffrant de coccidiose

(Source: Oklahoma State University's Division of Agricultural Sciences

and Natural Resources)

Traitement, contrôle et prévention

L’utilisation de médicaments dans le traitement de la coccidiose donne rarement des résultats satisfaisants et rapides.  Il vaut mieux traiter en prévention tous les animaux susceptibles.

Référence

VILLENEUVE,  Alain.  Les  parasites  des  animaux  domestiques  du  Québec, Cahier  de

notes de cours, Université de Montréal, Faculté de médecine vétérinaire,1994-1995.